Formations growth marketing : ce qu’on ne vous dit pas

Formations growth marketing : ce qu'on ne vous dit pas

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Est-ce que ça vous est arrivé de terminer une formation marketing en vous demandant si ce que vous venez d’apprendre existe encore dans les entreprises qui recrutent ? Ce décalage, beaucoup de professionnels en activité le ressentent, et il n’est pas anodin.

Le growth marketing n’est pas une discipline qui s’est construite dans les amphithéâtres. Il est né d’une pratique, dans des équipes produit et des startups qui n’avaient ni le budget ni le temps d’attendre que les grandes écoles de commerce valident leurs méthodes. Il y a une dizaine d’années, le terme lui-même était à peine utilisé en France, réservé à quelques cercles tech influencés par la Silicon Valley. La question de la formation au growth marketing ne se posait donc pas vraiment : on apprenait sur le tas, en testant des funnels, en lisant des blogs anglais, en cassant des campagnes Google Ads pour comprendre ce qui fonctionnait.

Aujourd’hui, le paysage a changé. Les entreprises françaises cherchent des profils capables de piloter l’acquisition, d’automatiser des parcours, d’exploiter l’intelligence artificielle dans leurs campagnes et de construire des systèmes de croissance mesurables. Face à cette demande, une offre de formation s’est structurée, avec des niveaux, des certifications, des financements possibles via le CPF. Des écoles spécialisées dont fait partie l’ecole.cube.fr ont construit des parcours orientés compétences professionnelles immédiatement opérationnelles, accessibles sans savoir coder, ce qui tranche avec l’image technique souvent associée au growth.

Non le Gowth Marketing n’est pas du Hacking

Gros plan sur une réunion d'affaires avec des mains gesticulant vers un écran d'ordinateur portable.

Cette réduction est l’une des idées reçues les plus tenaces sur le sujet. Le terme « growth hacking », popularisé par Sean Ellis autour de 2010, a laissé une empreinte qui nuit encore aujourd’hui à la lisibilité du métier. Beaucoup de recruteurs, beaucoup de candidats, et même certains formateurs continuent de confondre le growth marketing avec une série d’astuces techniques pour gonfler des métriques à court terme. Ce n’est pas ce que les entreprises achètent quand elles recrutent un growth marketer en 2024. Ce qu’elles cherchent, c’est quelqu’un capable de construire un système d’acquisition cohérent, de le mesurer, de l’itérer, et de le faire fonctionner avec des outils qui évoluent vite, dont certains sont désormais alimentés par de l’intelligence artificielle générative. Le périmètre est large : SEO, paid, CRM, automatisation, contenu, expérimentation A/B, analyse de données. Ce n’est pas un seul métier, c’est un carrefour de compétences.

Ce glissement sémantique a eu des conséquences directes sur la façon dont les formations se sont construites. Les premiers programmes apparus en France, vers 2015-2016, misaient sur le côté « tricks » : comment scraper des emails, comment automatiser des actions LinkedIn, comment bidouiller des campagnes Facebook. Ces formations ont eu leur utilité dans un contexte précis, mais elles ont aussi créé une génération de professionnels très à l’aise sur des outils spécifiques, et beaucoup moins capables de penser la stratégie globale. La correction est venue progressivement, avec des programmes plus structurés qui intègrent à la fois la dimension analytique, la dimension produit et la dimension créative du growth.

Ce point mérite d’être posé clairement : une bonne formation au growth marketing ne forme pas à un outil, elle forme à une façon de penser la croissance.

« J’aurais dû le faire il y a dix ans »

Gros plan sur une tablette affichant des graphiques analytiques sur un bureau en bois, à côté d'un smartphone et d'une tasse de café.

Cette phrase revient souvent chez des professionnels du marketing qui ont suivi des cursus classiques et qui regardent aujourd’hui les compétences demandées sur le marché. Elle dit quelque chose de vrai sur l’évolution du secteur, mais elle contient aussi un biais qu’il faut démonter.

Il y a dix ans, les formations growth marketing telles qu’elles existent aujourd’hui n’existaient pas en France. Les rares programmes disponibles étaient en anglais, souvent dispensés par des praticiens américains via des plateformes comme Reforge ou CXL, sans équivalent certifiant en France. Le marché français a mis du temps à structurer une offre sérieuse, en partie parce que les entreprises elles-mêmes ont mis du temps à comprendre ce dont elles avaient besoin. Ce n’est vraiment qu’à partir de 2018-2019 que des écoles et des organismes de formation ont commencé à proposer des parcours cohérents sur le sujet, avec des certifications reconnues et des financements accessibles.

La question qui se pose aujourd’hui n’est donc pas « pourquoi ne l’ai-je pas fait avant ? » mais « quel niveau de formation correspond à mon niveau actuel et à mes projets professionnels ? » Un responsable marketing en poste depuis quinze ans n’a pas les mêmes besoins qu’un étudiant en fin de licence. Le premier a besoin d’un programme qui capitalise sur son expérience et lui apporte les couches analytiques et technologiques qui lui manquent. Le second a besoin d’un parcours qui lui donne une vision complète, des bases solides sur les technologies web, les données, et les outils d’acquisition, avant de se spécialiser.

La question du code est souvent soulevée dans ce contexte. Faut-il savoir coder pour se former au growth marketing ? La réponse courte est non, et c’est une évolution récente. Il y a encore cinq ans, la maîtrise de SQL, de Python ou au moins de JavaScript était présentée comme un prérequis dans beaucoup de formations sérieuses. L’explosion des outils no-code et des applications d’automatisation visuelle a changé la donne. Des plateformes comme Make, Zapier ou Notion ont permis à des profils non techniques de construire des systèmes d’automatisation sophistiqués sans écrire une ligne de code. Les formations qui ont su intégrer ces technologies dans leur cursus ont considérablement élargi leur public.

Ce qui ne change pas, en revanche, c’est la nécessité de comprendre les données. Pas au sens « savoir coder une analyse statistique », mais au sens « savoir lire un tableau de bord, identifier une anomalie dans un funnel, comprendre ce qu’un taux de conversion dit vraiment sur le comportement des utilisateurs ». Cette compétence analytique est transversale à tous les niveaux de formation en growth marketing, et c’est souvent sur elle que les programmes se différencient le plus nettement.

La montée en puissance de l’intelligence artificielle dans les métiers du marketing digital a encore déplacé les lignes. Les formations qui ont anticipé ce virage, en intégrant des modules sur l’IA générative dans les campagnes, sur le product builder assisté par IA, sur la personnalisation à grande échelle, ont pris une longueur d’avance sur celles qui continuent de former uniquement sur des outils traditionnels. Une équipe marketing qui sait utiliser l’IA pour produire du contenu, segmenter ses audiences ou optimiser ses enchères publicitaires n’a pas le même niveau de performance qu’une équipe qui ne l’utilise pas. Former ses collaborateurs à ces usages n’est plus une option dans les entreprises qui veulent rester compétitives.

La certification reste un sujet à part entière. En France, la reconnaissance d’une formation passe souvent par son éligibilité au CPF, ce qui implique une inscription au répertoire national des certifications professionnelles. Ce critère est devenu un filtre de qualité de facto, même s’il ne garantit pas la pertinence du contenu pédagogique. Un programme certifiant qui date de 2019 et n’a pas été mis à jour peut être éligible au CPF tout en étant largement dépassé sur le fond. La date de mise à jour du contenu, la présence de formateurs praticiens actifs, et la cohérence du programme avec les compétences réellement demandées sur le marché sont des indicateurs bien plus fiables que le seul statut certifiant.

Le travail en projet est un autre critère souvent sous-estimé. Les formations qui incluent des mises en situation réelles, des cas d’entreprise, des projets à mener de bout en bout, forment des professionnels capables de transférer leurs compétences immédiatement. Celles qui restent dans un format cours magistraux produisent des profils qui savent parler de growth marketing sans nécessairement savoir le pratiquer. Cette distinction est visible dès les premiers mois en poste, et les recruteurs qui ont eu de mauvaises expériences avec des diplômés théoriques le savent.